Résumé
Le crédit de transgression désigne la disposition à accepter un leadership déviant de l'endogroupe et pourrait expliquer pourquoi les groupes autorisent leurs dirigeants à commettre des actes extrêmes, imprudents ou corrompus. Nous avons examiné une forme de crédit de transgression — le pardon — à l'égard des dirigeants politiques lors des élections générales britanniques de 2024. Une étude longitudinale a testé deux hypothèses concurrentes : que les électeurs manifesteraient un « crédit de transgression » en se montrant plus enclins à pardonner à leur propre dirigeant qu'aux dirigeants de l'exogroupe (c'est-à-dire un biais pro-endogroupe) ou, à l'inverse, qu'ils seraient moins tolérants (c'est-à-dire manifestant un effet de brebis galeuse). Conformément au crédit de transgression, nous avons constaté que les électeurs des quatre principaux partis (N = 535), les conservateurs, les travaillistes, les libéraux-démocrates et Reform UK, étaient tous plus enclins à pardonner les violations de confiance de leurs propres dirigeants, et tous se montraient plus indulgents après qu'avant l'élection. Seul le dirigeant de Reform UK (une figure autoproclamée anti-establishment) n'a pas bénéficié d'un plus grand pardon après l'élection. Nous avons également constaté que la confiance pré-électorale était associée à un pardon post-électoral accru envers les dirigeants de l'exogroupe, mais non de l'endogroupe. L'identification au parti était négativement associée au pardon des dirigeants de l'exogroupe, et l'identification nationale — conçue ici comme une forme d'identité surordonnée — positivement. Nous examinons les implications pour la responsabilité et le maintien de normes élevées de conduite politique.Points clés
- Dans une étude longitudinale portant sur 535 électeurs britanniques, les participants ont systématiquement accordé un crédit de transgression aux dirigeants de leur propre parti, se montrant significativement plus enclins à leur pardonner qu'aux dirigeants de l'exogroupe (p < .001), avec une taille d'effet importante (eta-carré partiel = .26) confirmant un fort biais pro-endogroupe.
- Contrairement aux hypothèses gagnant-perdant, la disposition à pardonner a augmenté de manière significative après l'élection tant pour le vainqueur Keir Starmer (p < .001, eta-carré partiel = .07) que pour le perdant Rishi Sunak (p < .001, eta-carré partiel = .06) ; toutefois, cette indulgence ne s'est pas étendue au dirigeant populiste Nigel Farage (p = .543), ce qui suggère une limite au pardon post-électoral pour les figures anti-establishment.
- L'analyse par panel à décalage croisé a révélé que la confiance pré-électorale était un puissant prédicteur du pardon envers les dirigeants de l'exogroupe (β = .35 à .38, p < .001), mais n'avait aucune relation statistiquement significative avec le pardon envers le dirigeant de son propre endogroupe (β = .02, p = .698), indiquant que le pardon intra-groupe est motivé par des pressions de maintien de l'identité plutôt que par une confiance authentique.





