Résumé
Les processus d'acculturation sont, par définition, des processus de changement dans le temps. Pourtant, la science de l'acculturation est dominée par une théorisation statique et a-développementale qui ne formule aucune hypothèse spécifique sur les processus de changement temporel. Cet article de synthèse présente des concepts et des méthodes qui exploitent une perspective issue de la science du développement et démontre comment ces concepts peuvent rendre la science de l'acculturation plus dynamique et ancrée dans une théorisation développementale contextuelle, en particulier (mais non exclusivement) pour l'étude des jeunes immigrants. Les concepts décrits comprennent le principe de l'étape de vie (par exemple, la manière dont les expériences acculturatives peuvent différer dans leurs effets selon l'étape développementale au cours de laquelle les individus y sont confrontés), le concept de transitions de phase issu de la théorie des systèmes dynamiques (par exemple, l'acculturation peut être considérée comme une transition de phase caractérisée par une plus grande vulnérabilité aux facteurs de risque), des idées sur les sources distales et proximales du changement ontogénétique (acculturatif), des approches dynamiques du développement pubertaire (c'est-à-dire de nouveaux concepts relatifs au moment de l'acculturation), des éclairages sur la non-ergodicité (c'est-à-dire une discussion sur la question de savoir si les effets interindividuels reflètent effectivement des processus intra-individuels dans l'acculturation), ainsi qu'une perspective de la personne-en-contexte. Cette synthèse présente le contexte de ces concepts, décrit leurs avantages pour la recherche sur l'acculturation et propose des approches méthodologiques permettant de les employer dans les études sur l'immigration et le changement acculturatif. Dans l'ensemble, cet aperçu suscitera une nouvelle compréhension de la recherche sur l'acculturation, sans doute davantage en accord avec les objectifs initiaux de cette recherche : une meilleure compréhension du changement des schémas culturels résultant du contact direct et continu entre des individus issus de cultures différentes.Points clés
- La recherche sur l'acculturation, souvent statique, peut être considérablement enrichie par l'intégration de concepts issus de la science du développement afin de mieux comprendre l'acculturation comme un processus dynamique de changement dans le temps.
- L'application d'une perspective développementale introduit des concepts tels que le principe de l'étape de vie, selon lequel les expériences ont des effets différents en fonction de l'âge, et les transitions de phase, qui constituent des périodes de déséquilibre au cours desquelles les individus sont plus vulnérables aux facteurs de risque.
- L'article plaide en faveur de méthodologies améliorées, telles que l'utilisation de devis longitudinaux tenant compte du moment développemental, la distinction entre les effets intra-individuels et interindividuels, et le recours à des études d'intervention afin de mieux établir la causalité dans les processus d'acculturation.







